
Pour une première publication, Abderrahman Amezian arrive avec six
contes et nouvelles, aux couleurs de la région de Taza. C’est au début
des années cinquante que vont débuter ses récits qui rassemblent le
vécu et la tradition orale, cette culture qu’on a longtemps transmise
de bouche à oreille depuis plus de 1500 ans dans l’histoire littéraire berbère. Abderrahman Amezian a vécu les troubles de la guerre de
libération et en est resté marqué. Le Maroc était en effet sous le
protectorat français au centre et sous l’occupation espagnole au nord
aussi bien qu’au sud.
Un Maroc découpé en pièces pour la gloire des nations occidentales, elles-mêmes sous l’occupation nazie, sic.
Boured, son lieu de naissance, appartenait à la région centrale de Taza et dépendait donc du Protectorat français.
Tout comme Driss Chraïbi, l’auteur du Passé Simple, il ne saurait préciser la date de sa naissance. Le carnet d’état civil n’existait pas encore. Mais il devait avoir plus de six ans avant l’indépendance du Maroc (1956) pour pouvoir se rappeler les événements passés.
Merveilles d’une campagne, est le titre de son tout nouveau ouvrage. Puisqu’il n’a rien publié jusqu’ici. Même pas ses nombreux poèmes qu’il ne consent en rien au monde à publier, par pudeur, aime-t-il à dire.
On ne manquera pas de le voir en protagoniste, malgré lui, vu l'âge qu’il avait à l’époque où il fut confronté à des événements qui le dépassaient.
L’histoire officielle d’une nation a toujours été enrichie par les témoignages des gens de lettres. Abderrahman Amezian nous apporte donc son propre témoignage de l’histoire d’avant l’indépendance où son père, sa sœur, son oncle et une grande figure locale dans la lutte contre l’occupation du nom de Allouch ont participé, d’une manière ou d’une autre.
Merveilles d’une campagne c’est aussi des récits qui nous transportent aux temps où le merveilleux était monnaie courante. Djellabas, lampes, bagues, tapis… miraculeux.
C’est là où on quitte l’Histoire pour nous embarquer dans le navire des mille et une histoire contemporaine, mais avec une saveur aussi exquise que celle des contes de Maître Mohamed Sibari, actuel grande figure de la littérature Marocaine d’expression espagnole du vingt unième siècle et Patron de la ville de Larache après la Sainte lalla Menana, que les francophones découvrirons d’après ses ouvrages traduits par nos soins.
Abderrahman Amezian, est une nouvelle figure dans la littérature marocaine d’expression française. Ses écrits n’ont rien à envier aux grands écrivains qui sont d’actualité. Les lecteurs s’en rendront vite compte à la lecture de ses oeuvres qu’il a passé des années à parfaire.
La seule réserve que j’ai, c’est qu’il soit un jour accepté au sein de l’Union des Ecrivains Marocains.
Il parait que même ceux qui ont à leur effectif une dizaine de bons ouvrages, n’ont jamais pu réussir à en faire partie.
Source: categorynet.com par Écrit par Raymond MATABOSCH.





